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    Liens affectifs et patrimoniaux avec sa forêt

    Deux choix étaient possibles parmi les neuf attentes proposées. Celles-ci allant de l’absence d’attente à « autres attentes ». Seule une minorité de propriétaires privés n’a pas d’attente, ce qui contredit certains discours communément entendus de désintérêt des propriétaires forestiers pour leur bois. Les attentes sont multiples.

    La chasse devient significative dès que les propriétés atteignent une surface de 4 hectares. La préservation de la biodiversité fait son apparition, ce de façon pratiquement indépendante de la surface. Les menus produits et les autres attentes arrivent ensuite, l’importance de cette dernière réponse confirmant a posteriori la diversité des attentes. Les avantages fiscaux sont en dernier ; ils ne concernent qu’une petite minorité des propriétaires, ce qui contredit de nouveau des opinions toutes faites ; ce point est conforme avec leur utilisation effective des avantages fiscaux, ce qui n’enlève en rien leur utilité pour la gestion active des propriétés les plus importantes.

    L’attachement affectif domine quelle que soit la surface possédée, suivi de la constitution du patrimoine et de la production de bois qui arrive en troisième position, alors même que la forêt produit du bois par définition.

    Ces résultats sont cohérents avec ceux obtenus lors d’autres enquêtes, et notamment les enquêtes Résofop et Forrisk*. Ils confirment la nécessité de tenir compte des aspects affectifs dans les projets concernant la forêt.

     

    Les femmes ont des liens affectifs plus forts avec la forêt

    Une des composantes du projet Facesmap** concerne les différences de comportement en forêt entre les hommes et les femmes. Elle réunit les analyses de différents pays : Allemagne, Finlande, France, Lettonie, Lituanie, Norvège et Suède dans un cadre harmonisé. L’enquête de structure de la propriété forestière privée de 2012 a permis de répondre à différentes questions posées lors de cette réflexion.


    La moyenne d’âge des femmes est plus élevée que celle des hommes (68 ans au lieu de 62). Celles de plus de 75 ans possèdent 37 % de la forêt appartenant aux femmes au lieu de 21 % pour les hommes toujours de plus de 75 ans. Elles sont surreprésentées chez les retraités et les employés.

    Les femmes ont, suivant les critères d’âge ou de surface, un revenu plus faible que les hommes. Leur premier mode d’entrée en possession de leur forêt montre que les femmes achètent proportionnellement moins leur forêt que les hommes (15 % au lieu de 45 %). Elles héritent aussi plus tardivement des forêts que les hommes ; est-ce une conséquence de la proportion relativement plus importante de veuves au-delà de 75 ans ? En tous cas, les hommes ont une gestion plus dynamique de leur patrimoine foncier forestier. Cette vision se retrouve dans les intentions d’achat ou de vente de parcelles boisées. Nous constatons dans les deux cas, que la part des forêts achetées a augmenté depuis 1999 sans pouvoir avancer de véritable explication. En résumé, les femmes ont une gestion de leur patrimoine boisé plus statique que les hommes.

    L’analyse des deux attentes principales des propriétaires forestiers pour leur forêt selon le sexe montre un attachement affectif supérieur en proportion des femmes à celui des hommes (77 % au lieu de 63 %). Concernant la production de bois, les attentes des femmes sont de 29 % au lieu de 39 % pour les hommes, les autres attentes ne présentant pas de réelles différences.

    ©Martine Gerbeaux

    Les femmes se chargent moins par elles mêmes de la gestion et du suivi des travaux que les hommes à classe de surface égale, mais elles font plus appel à une aide non rémunérée de la famille ou des proches. Par ailleurs, elles lisent moins les revues techniques et participent un peu moins aux réunions d’information que les hommes. Elles exploitent proportionnellement moins de bois que les hommes pour leur autoconsommation, tandis que la vente de bois pour l’industrie est similaire.

    Il semble, au travers de ces réponses et d’analyses complémentaires, que les femmes ont une gestion plus conservatrice de leur forêt que les hommes, et qu’elles sont moins impliquées dans l’économie forestière. Nous pouvons nous demander si ceci ne traduit pas aussi une relation différente par rapport au temps, la forêt étant considérée comme quelque chose qui relie plus les femmes au passé que les hommes, ces derniers étant plus dans l’action ; cette différence serait à relier à leur capacité physique plus réduite d’intervenir elles-mêmes, d’autant plus qu’elles se révèlent plus dans une logique de subsistance que d’activité économique. Dans tous les cas, les messages portés par les organismes de développement forestier nous semblent devoir tenir compte de ces constats.

     

    Adapter nos discours

    Cette enquête, dont nous avons vu quelques résultats inédits, permet de mieux connaître les propriétaires forestiers français. Des surprises apparaissent, comme le montre une première analyse du revenu des ménages pour les propriétaires forestiers en nom propre ou en communauté ; Cela peut avoir des conséquences sur les façons d’entrer en relation avec ces mêmes forestiers. La valorisation ultérieure de ces données sera, bien sûr, dépendante des besoins et questions des professionnels du CNPF. Ces résultats peuvent aussi, pour quelques questions, être comparés à ceux de l’enquête de structure similaire réalisée en 1999. Leur confrontation avec les enquêtes Résofop évoquées dans ce même article améliore d’autant plus nos analyses, même si les méthodologies sont différentes, et bien entendu, facilite la pré-paration de questionnaires à venir. 

     

    François Didolot, CNPF-CRPF Limousin

    Un article Forêt-Entreprise


    * Résofop : Réseau d’observation de la forêt privée ; Forrisk : enquête régionale Limousin - Tarn - Aveyron.

    ** Forest land ownership changes in Europe, Les changements de comportements des propriétaires forestiers en Europe, Voir l’article pages 44-46.